Le monde de Sofiane

Crédit photo : Florent Ormond

Florent Ormond

Non content d’exceller dans la pratique du sax, de diriger les chœurs de main de maître, de manier l’humour et l’accordéon avec brio, Sofiane Messabih vient de remporter un prix pour une de ses compostions, désormais passée au répertoire de grands concours nationaux et internationaux. Nous l’avons rencontré.

Tu es un artiste protéiforme. Comment définirais-tu ton univers ?

Le Jazz, la Musique classique, les projets en quatuor de saxophones et en humour musical, la musique contemporaine à travers des pièces soit interprétées soit composées, le Shirei trio, qui a été ma grande formation en trio jazz…

Quel est ton parcours ?

Au tout début, je suis violoniste. Après, je suis vite passé sur le sax. Et puis, très tôt, je me suis intéressé aux musiques improvisées.

J’ai fait le conservatoire, principalement à Chalon-sur-Saône, en classique. Après le perfectionnement, Sylvain Beuf est arrivé et j’ai enchaîné deux années avec lui en saxophone, arrangement et big band. Ensuite, je suis allé voir Fred Borey, à Belfort, avec qui j’ai passé mon prix.

J’ai vu que tu n’étais pas étranger au monde du théâtre.

Je travaille depuis un moment avec la compagnie Teraluna et son metteur en scène, Sébastien Barberon. D’ailleurs, nous avons un spectacle tous les deux, où je joue de l’accordéon. En fait, il avait une idée de spectacle en duo avec la voix et on s’est dit que le saxophone couvrait beaucoup trop une voix parlée et on s’est dit qu’il fallait que j’apprenne l’accordéon. J’ai pris des cours et ma prof est devenue ma fiancée [rires] : c’est comme ça que j’ai rencontré Sandrine ! C’était en 2010. Ce spectacle s’appelle « Les Impromptus » et il tourne encore un peu.

Et de ta rencontre avec Sandrine Kohler est né Tara, un duo sax/accordéon mêlant écriture et improvisation.

Oui, j’écris de la musique et comme j’aime improviser, il y a de l’impro. On a envie de faire ce qui nous plaît sans se poser de questions. Il y a des inspirations de musiques du monde, de musique classique, des enchaînements harmoniques du jazz…

Tu diriges les chœurs universitaires depuis 2012, c’est bien ça ? Comment en es-tu arrivé à devenir chef de chœur ?

Oui, c’est ça, 2012. En fait, à 20 ans, j’ai fait une formation de chef de chœur. À l’époque, c’était un peu comme une revanche. Quand on m’a fait comprendre que je devais arrêter le violon, on m’a dit « Tu as le choix entre saxophone, trompette ou trombone ». Alors j’ai tenté l’entrée en sax mais je n’ai pas été pris. Donc j’ai quitté le conservatoire et j’ai découvert les écoles de musique. Et c’est là que j’ai véritablement appris à aimer la musique. Mais je conservais l’envie d’entrer à nouveau au conservatoire. Et Emmanuel Robin est arrivé de Lyon pour ouvrir une classe de direction de chœur. Avec un ami, on est allé s’inscrire, on a été pris et on s’est passionné pour ça !

Parlons de ton travail de compositeur. J’ai vu qu’une de tes pièces avait été choisie pour être présentée dans différents concours.

En effet, j’ai gagné un concours de composition, sur une pièce pour sax et piano, qui a été éditée. Le Samouraï noir. Elle a été sélectionnée pour être jouée dans 4 concours nationaux et internationaux. Tout s’enchaîne : d’autres pièces vont être éditées, j’ai plusieurs commandes…

Comment es-tu arrivé à la composition ?

J’ai toujours composé, depuis l’âge de 17-18 ans. J’avais une fascination pour les grands compositeurs. J’ai voulu apprendre l’écriture et fait une classe d’écriture, à Belfort, avec Paul Boissieux.  On essayait de comprendre comment écrivaient certains compositeurs. J’ai passé 8 années fantastiques. Et, aujourd’hui, la composition représente 90 % de mon temps.

Comment gères-tu tous ces projets ?

En 2018, j’ai créé le Petit Kollectif, une structure qui héberge des créations, sans clivages : le duo Tara, un projet d’exposition sonore à la Ferme de Flagey, basé sur la correspondance de Courbet, un parcours d’éducation artistique…

C’est aussi le Petit Kollectif qui portait Ze Gaf, un autre projet important dans ta vie.

Oui, le Gerchouine and Fire Saxophones Quartet. Ça a été 20 ans formidables de musique, de rires, de création, avec des projets divers, dont un hommage à Charles Mingus.

On a fait notre dernière date, l’été dernier, il y a un an.

Aujourd’hui, tu as recentré tes activités pour ne conserver que le duo Tara et la composition ?

Oui, c’est cela. En plus de l’accordéon. Et j’avoue que j’ai en projet depuis longtemps de faire un concert solo au soprane.  Peut-être quelque-chose d’hybride.  De l’écriture, de l’impro, des éléments pré-enregistrés…

Et dans les actualités, as-tu quelques annonces à faire ?

Oui, tout d’abord, on aimerait faire un album avec le duo Tara. Le Petit Kollectif prépare une création pour un quatuor de mezzo-soprano, qui s’appellera Miroirs. Il y aura une série de représentations en avril 2022. Et puis il va porter un projet de parcours d’éducation artistique et culturel avec la ville de Besançon. Amener les enfants à créer autour d’œuvres du Musée du Temps.

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