La mécanique des cadences du QUARTET AVRIL

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Par Michel Pulh

On est ici en présence d’un quartet de type classique : piano (Claire Joblot), guitare (Gérard Joblot), contrebasse (Laurent Cachot), batterie (Guillaume Pierrat). Sur le modèle, par exemple, de celui du guitariste Wes Montgomery dans les années 1960 (Tommy Flanagan, Percy Heath, Albert Heath) ; à ce détail près que soixante ans ont passé et aussi que ce combo se présente sans leader.

Sa musique l’exprime sans ambiguïté : l’architecture instrumentale y est égalitaire. La plupart des compositions se structurent à partir de motifs répétitifs qui installent des cadences. C’est une mécanique dont les crescendos conduisent à des contrastes intenses, des rapports de force entre les phrasés légers et égrenés de la guitare, la puissance de la batterie et souvent du piano, quand la contrebasse, glisse en arrière-plan une discrète pondération. Le Mouton à cinq pattes (C. Joblot), la première d’entre elles, s’ouvre sur une forme de désordre préparatoire des instruments, juste avant que ceux-ci se lancent dans leurs chevauchements emportés. Entre Antilea (Claude Tchamitchian), Margueritte (C. Joblot) et Sombre Éclair (Nicolas Loiseau), la veine plus lyrique d’O.A.C. (Didier Levallet) penche vers un apaisement mélancolique où guitare et contrebasse occupent le devant ; avant d’être rattrapées.

Il y a une belle clarté chez ce Quartet Avril, enregistré en octobre 2019 à l’École de musique de la Haute Grosne (à Matour près de Cluny). La prise de son n’est pas pour rien dans ces 26 minutes de musique. Seulement ? Ces miniatures minutieusement orchestrées vont à l’essentiel.

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