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Potlatch, la scène en « Horizons » lointains

Crédit photo : Florent Ormond

De gauche à droite : Florent Ormond, Hugo Dordor, Jordan Teixeira, Louis Vicérial et Constantin Meyer

Nils Bruder 

Ça pourrait être le nom d’une soupe hongroise, mais non : Potlatch est un mot chinook qui désigne un système de don et de partage. Le nom colle parfaitement au quintet bisontin qui mêle les styles et les influences. Alors que les concerts sont pour l’heure suspendus, le groupe espère partager rapidement Horizons, son deuxième albumavec le public…

Potlatch, c’est l’histoire de cinq musiciens – Jordan Teixeira (guitare), Florent Ormond (saxophone soprano, duduk), Constantin Meyer (trombone, serpent), Louis Vicérial (basse) et Hugo Dordor (batterie) – qui se sont rencontrés en 2016, à l’occasion d’un atelier « jazz standard » au Conservatoire de Besançon.

« Pendant l’atelier, on s’est rendus compte qu’on aimait tous les styles de musique, au-delà du jazz, se remémore Jordan. Cela va de la pop aux musiques anciennes ou baroques, en passant par le rock, les musiques du monde, le metal, le post-punk, le trip-hop ou le funk… D’ailleurs, on s’est mis à répéter autour d’un projet jazz funk. Rapidement, plutôt que de lisser nos différences, on s’est dit que celles-ci étaient une force. Notre musique se nourrit ainsi de l’écoute de l’autre et de toutes nos influences. On s’attache aussi à proposer un jazz organique et ouvert à tous, pas un truc cérébral pour les seuls musiciens. Nos morceaux, qui font appel à des images, ont un côté narratif. Après les concerts, des gens viennent souvent nous dire que même s’ils n’avaient jamais écouté de jazz, ils avaient bien accroché. »

Une belle tournée de printemps ?

Ce partage d’énergie repose en grande partie sur la place laissée à l’improvisation par le quintet dans sa musique et ce, même en session d’enregistrement. « Pour préparer notre deuxième album Horizons, sorti en octobre dernier (chronique sur Tempo ici), nous avons échangé beaucoup de fichiers, pendant le premier confinement, explique Jordan. L’été, on a eu la chance de pouvoir travailler les morceaux pendant une résidence d’une semaine à La fraternelle de Saint-Claude, avant d’entrer en studio. Même après ce long travail de préparation, les improvisations ont tenu leur place pendant les sessions d’enregistrement. Cela dit, l’album reste une trace « figée » d’une musique qu’il nous tarde de partager à nouveau sur scène. »Pour l’heure, les concerts restent des Horizons lointains. Potlatch, avait monté une belle tournée dans la région pour l’arrivée du printemps, notamment à L’Escale de Morteau, à La fraternelle de Saint-Claude, à L’Arrosoir de Chalon-sur-Saône, à l’Espace culturel du Brionnais à Chauffailles, au Bœuf sur le toit de Lons-le-Saunier… Des événements qui, à ce jour (01/03), sont quasiment tous reportés ultérieurement et auxquels Jordan nous incite à venir. « Notre projet prend vraiment tout son sens sur scène. En concert, chaque morceau se recompose en fonction de l’énergie qu’on ressent du côté du public. » Une histoire de don et de partage…

Chronique disque Tempo de « Horizons » ci-dessous :

En savoir plus sur Potlatch et la tournée du CRJ :

https://www.crjbourgognefranchecomte.org/groupes-soutenus