Jazz Session à Lons-le-Saunier s’offre son bœuf pour sa 5ème édition

Crédit photo : Florian Jannot-Caeilleté / CRJ BFC

Lucas Le Texier

Ce vendredi 4 février 2022, le CRJ organisait la cinquième édition de Jazz Session à Lons-Le-Saunier. Au programme pour cette rencontre (en deux temps) : un échange entre professionnel(le)s et acteurs(trices) du jazz, suivi d’une soirée de quatre concerts de formations régionales.

À 16h au Darius Club, Arnaud Merlin, producteur à France Musique et président du CRJBFC, ouvre la discussion autour du recours à l’image dans la présentation des projets musicaux. La discussion s’est concentrée sur le format vidéo. Il semble qu’elle constitue un indispensable selon l’accordéoniste Christophe Girard pour présenter son projet, la principale interrogation revenant à définir le budget que les acteurs doivent y consacrer. Christophe Joneau de La fraternelle insiste sur l’évolution de notre rapport à l’image, qui apparaît aujourd’hui essentiellement comme un élément de communication ayant de moins en moins de lien avec la musique d’un groupe. Ludivine Chopard du Festival JazzContreBand rappelle que certains dossiers de la DRAC demandent aujourd’hui un lien vidéo, créant une inégalité forte entre des formations qui ont une expertise des outils techniques, et les autres…

Pour autant, la vidéo a ses vertus. Médéric Roquesalane de La Roue Voilée explique qu’elle peut servir d’outil pour amener les gens aux concerts, mais aussi pour emmener l’auditeur vers un ailleurs artistique propre à ce média. La vidéo fait évoluer les projets musicaux : Adrien Desse raconte comment il est passé d’une vidéo pour illustrer la musique à une musique pour illustrer les vidéos. La vraie condition pour réussir une vidéo concerne l’auditoire à qui l’on s’adresse : « est-ce pour un diffuseur ou pour les publics ? », rappelle Ludivine Chopard. Dans le public, certains soulèvent que la question de la vidéo est dépassée et que, du fait de la multiplicité et de l’interactivité des médias entre eux, c’est la question du support en lui-même qu’il doit être retravaillé. Enfin, comme l’a introduit Christophe Joneau, la question de l’empreinte carbone des vidéos et de leur stockage numérique pose un ensemble de problématiques d’un point de vue écologique.

20h, la Jazz Session propose un panorama de la scène locale bourguignonne-franc-comtoise. D’entrée de jeu, le trio Rose Radio, avec à la barre avec Olivier Py (saxophone), Tom Juvigny (guitare) et François Merville (batterie) a proposé des standards revisités de manière libre. Guitare et sax’ s’amusent, se cherchent, se titillent, tandis que la batterie chamboule l’ensemble. Bugala Quartet enchaîne, façon éclectique. À l’aise, Caroline Bugala (violon), Tom Moretti (batterie), Christopher Peyrafort (guitare) et Victor Pierrel (basse) conjuguent jazz, folk et fusion dans un répertoire world jazz. Entracte et reprise par le Trio Segment du pianiste Antonin Néel et de ses deux compères Jean Waché (contrebasse) et Victor Prost (batterie). La musique de Segment projette de Pithecanthropus Erectus jusqu’au piano préparé, sans fioritures ni surjeu. Derniers invités, les jurassiens du Del Trio avec Bruno Delanchy (orgue), Sangoma Everett (batterie) et Jérôme Lefebvre (guitare). Reprenant à leur compte la formule guitare-orgue-batterie, les trois musiciens ont joué dans la veine des musiciens de jazz-rock, Everett surfant cool au-dessus du dialogue guitare-orgue qui structure la majorité des compositions.

Le site du CRJ : crjbourgognefranchecomte.org

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