Jazz Campus en Clunisois Esthétique, éthique, empreinte

Crédits photos : Alain Michalowicz

Fanfare des stagiaires – Edition 2018

Par Michel Pulh

Jazz Campus en Clunisois aura lieu du 21 au 28 août. Les stages y font leur retour à Cluny, de même que la plupart des concerts ; une soirée sera cependant maintenue à Dompierre-les-Ormes. Après qu’« une mini édition de témoignage en trois concerts sur deux jours » eut lieu en août 2020, permettant d’accueillir Novo Quartet, prévu dans le festival annulé, la programmation (stages et concerts) 2021[1] est quasiment la réplique de ce qu’aurait dû être Jazz Campus l’année dernière.

Il s’agit clairement là d’une « question de cohérence et d’éthique vis-à-vis des musiciens alors pressentis – explique Didier Levallet -, même si, entretemps, d’autres idées, d’autres envies se sont manifestée. » Leurs thèmes et animateurs maintenus[2] donc, la plupart des ateliers étaient déjà complets à la mi-juillet. Certainement renforcée par le principe du cycle triennal de leur encadrement qui « [assure] le renouvellement des approches pédagogiques et artistiques », l’assiduité de beaucoup des stagiaires ne se dément pas. Comme d’autres musiciens avant elle, la clarinettiste Élodie Pasquier qui joue cette année dans le trio de Clément Janinet, est de ceux-là.

Pour ce qui est des concerts, fidèle à sa conception, le festival s’attache à conjuguer les générations de musiciens. Ceux dont le cours singulier des créations fait œuvre : le Duo Catherine Delaunay, Hélène Labarrière, les trios Hradčany[3], de Jean-Philippe Viret et de Stéphane Oliva, le Mégaoctet d’Andy Emler, ont « la relève » à leurs côtés. Si le vaste champ musical, historique et mondial, reste un prétexte chez les jeunes musiciens, certains de leurs programmes font état d’autres sources d’inspiration, se référant explicitement, par exemple, à la nature.   

Jazz Campus en Clunisois 2021 est en ordre de marche, tel qu’en lui-même ; à quoi s’ajoute l’empreinte sanitaire. « Il y a peu, les informations étaient plutôt libérales, du point de vue de la vie sociale – observe Didier Levallet. Aujourd’hui (9 juillet) le ciel s’assombrit ». Le 12, dans son intervention le Président de la République a indiqué les mesures à destination des lieux de culture. « Je pense, avec un optimiste pas trop forcé, qu’on devrait y arriver. » Pass et masque: mesurer la contrainte à l’aune du plaisir retrouvé.


[1] Pour le détail des stages et des concerts : jazzcampus.fr

[2] À l’exception de Pierre Durand qui intervient à la place de David Chevallier, celui-ci effectuant « une importante tournée dans les pays baltes et en Finlande, (…) reportée à fin août. »

[3] Le quartier du Château à Prague.

Musique et son

La désignation des musiciens d’un groupe peut aussi comporter le nom du sonorisateur. Ainsi du Ceccaldi Trio et de Joce Mienniel. Travaillant habituellement avec eux, celui-ci « connait bien leurs rapports de dynamiques instrumentales », explique D. Levallet. Avantage pratique : en concert, le fait qu’il remplace le régisseur son habituel « est plutôt généralement une bonne chose d'un point de vue artistique. » On peut aussi considérer que « le traitement du son fait partie intégrante de la production de l’œuvre. »

Pour l’organisateur, l’incidence n’est cependant pas qu’artistique.
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