FMR Orchestrâ – Sextet BFC

De gauche à droite : Loïc Vergnaux, Jérôme Lefebvre, Timothée Quost, Benoît Keller, Guillaume Orti et au premier plan Daniel Jeand’heur.

Crédit photo : Yves Petit

Michel Pulh

L’entrée en scène d’FMR Orchestrâ, constitué à l’initiative de Jérôme Lefebvre, a été sérieusement chahutée par l’intrus n° 19. Celle-ci aurait en effet dû se produire les 5 et 6 juin 2021 dans les Éphémères Journées, à La Ferme Gustave Courbet de Flagey[1]. Mais il aura fallu attendre le 28 novembre dernier pour que l’orchestre donne son premier concert, à l’Espace culturel de Quingey (Doubs).

« Pour développer une dynamique de collaborations et d’échanges artistiques », le guitariste et compositeur qui vit dans le Jura, a « pensé à la dimension régionale comme un cadre pertinent. » Ainsi a-t-il rassemblé le trompettiste Timothée Quost, le saxophoniste Guillaume Orti, le clarinettiste (basse) Loïc Vergnaux, le contrebassiste Benoît Keller et le batteur Daniel Jeand’heur. Au départ, Jérôme Lefebvre n’a pas recherché l’homogénéité : « chacun m’apparait porteur de choix esthétiques affirmés et créatifs. Nos différences se rencontreront au sein de l’orchestre, avec je l’espère une dynamique joyeuse pour inventer un son commun. » Formant ce Sextet BFC, pourrait-on dire, le guitariste s’écarte des duos qu’il pratique « depuis plus de vingt ans », s’y risquant dans des improvisations dès ses toutes premières rencontres avec des musiciennes et des musiciens. Il ne s’était pas non plus aventuré au-delà du trio. FMR Orchestrâ rompt avec ce background. Pas de prime association puisque le guitariste a déjà joué avec chacun des musiciens ; ne serait-ce que dans le cadre du Groupe Régional d’Improvisation[2], ce pur catalyseur artistique. De plus il remanie son approche musicale, optant partiellement pour « l’écriture : une grande suite, plusieurs [autres] thèmes et une composition [déjà existante] pour ce genre d’orchestre, [mais encore] jamais jouée au-delà du trio. J’ai à cœur d’amener un matériel assez vaste qui permette à chaque musicien de prendre place pour s’y déployer. Certains vont également apporter des idées. Nous verrons ensemble comment tout ça pourra sonner et quelles directions apparaitront. J’envisage le concert comme une grande forme qui évolue entre écrit et improvisé. Je pense aussi à la façon de tisser les liens avec les auditeurs. »

FMR ? Trois lettres pour évoquer « le côté performatif du projet, de la musique en général, du paradoxe entre la puissance de l’émotion qu’elle peut déclencher et dont on peut garder le souvenir toute une vie, et la nature insaisissable de l’instantané dont elle est faite, quand les sons s’évaporent… »[3] Ce mois-ci, FMR Orchestrâ va jouer au Crescent à Mâcon (le 28) et à La fraternelle à Saint-Claude (le 29). Il est aussi d’ores et déjà prévu que le 4 juin il se produise, enfin, dans les Éphémères Journées.


[1] Reportées d’un an : « Nous trouvions dommage que la grande qualité artistique proposée ne trouve qu’une audience trop limitée » avait estimé Chris Liardon, chargé d’accueil et de programmation. Aujourd’hui propriété du département du Doubs, la ferme familiale du peintre est proche d’Ornans.

[2] Cf. Tempo 54 (avril juin 2015), Pascal Anquetil : Le GRI ou brigade d’intervention bourguignonne des pros de l’impro.Cf. aussi Tempo 68 (octobre décembre 2018), M. Pulh :Les champs libres de Jérôme Lefebvre.

[3] Les propos de Jérôme Lefebvre ont été recueillis en avril 2021.

Informations : https://www.jeromelefebvre.net/

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