Des métissages fabuleux

Youpi Quartet

Mozaïc

Didier Robrieux

Depuis Toots Thielemans, on sait que l’harmonica chromatique et son timbre métallique, chaud et vibrant sont aptes à remplir un rôle de grande classe et de premier plan dans le registre jazz. Tout au long du dernier album intitulé Mozaïc du Youpi Quartet, l’harmoniciste Laurent Maur donne talentueusement corps à ce puissant potentiel, le morceau Newpi en constituant sans doute l’exemple le plus démonstratif.

Autre découverte, versant mélodique : celle de cette double alliance flûte/harmonica conduite par Emilie Calmé et le même Laurent Maur qui stupéfie par ses grâces inédites (dialogues des instruments en duo, unissons spectaculaires notamment dans Bouture).  

Mais la magie indubitable de ce CD ne serait pas concevable sans la collaboration des deux instrumentistes qui complètent le quartet : Ouriel Ellert (basse) et Curtis Efoua (batterie, percussions). Qualité élevée de leurs exécutions d’accompagnement comme de leurs créations rythmiques.

Les quatre membres du groupe se sont partagé les compositions de l’album. Sur un spectre jazz-funk, indian mode, musiques du monde, électro, c’est bien pour Mozaïc une esthétique groovante de métissages, de brassages hauts en couleur, voire de mutations, qui prévaut. Que ce soit à propos de Wind in the Trees, Ombre et lumière, Harmonie, Café turc et autres titres, les dithyrambes sont grandement justifiés.

Prendre comme appellation « Youpi Quartet » pour un ensemble de jazz marque une indéniable volonté de se tenir à distance de l’esprit de sérieux. Pourtant, qu’on ne s’y trompe pas, le travail musical de cette formation se montre plutôt élaboré, très architecturé, assez savant in fine. Ici, point de filouteries d’amuseurs ni de bricolages folkloriques. De l’art sincère, vivant, véritable.

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