Christophe Girard : parcours gagnant d’un généreux du dépliant

Le groupe Smoking Mouse avec à droite Christophe Girard

Crédit photo : Jean-Baptiste Millot

Pascal Anquetil

A 36 ans l’accordéoniste bourguignon s’est imposé, lentement mais sûrement, comme un nouvel as de la “boîte à frissons”, aussi à l’aise dans l’écriture que l’improvisation, le contemporain que le jazz.

Hasard et proximité. C’est parce qu’il y avait tout près de chez lui un conservatoire de musique que ce Nivernais de naissance s’est inscrit, sans trop savoir pourquoi, à la classe d’accordéon. Hasard et nécessité. Après avoir passé son bac, Christophe Girard s’est interrogé sur son avenir. “Je me suis alors décidé d’aller au conservatoire de Dijon où j’ai trouvé un merveilleux professeur classique, Olivier Urbano, qui m’a donné l’envie de continuer et transmis la passion de l’instrument. Un accordéon Fisart, un instrument qui me ressemble et qui m’a permis de jouer en toute liberté dans le domaine du jazz comme du contemporain.” C’est à la sortie du CNSM de Paris que Christophe découvre peu à peu le monde du jazz et de l’improvisation. “J’avais des copains dans le département jazz comme Benjamin Flament qui ont participé à mon initiation. Je faisais alors pas mal de récitals en accordéon classique, mais je m’y sentais un peu seul. J’avais envie d’aventures plus créatives. Le jazz s’est présenté alors pour moi comme le seul moyen de pouvoir écrire et jouer la musique qui était en moi.”La rencontre avec le guitariste Claude Barthélemy a été décisive. “Il m’a fait confiance alors que j’étais alors un vrai novice. Il m’a invité à jouer dans son quartet avec le regretté Eric Groleau et Jean-Luc Ponthieux, mais aussi au sein de la compagnie de danse Camargo.”

En 2008, avec le guitariste William Rollin et le batteur Stan Delannoy, il se décide à monter le trio Exultet. “On a bossé ensemble intensément pendant un an trois fois par semaine”. Résultat : ils gagnent haut la main l’année suivante le concours national de jazz de la Défense. Je le sais, j’étais membre du jury. En 2011, avec son ancien complice du CNSM, l’euphoniumiste Anthony Caillet, il crée le duo Smoking Mouse et en 2013 le quintet Mélusine. “C’est en fait la réunion d’Exultet  et de Smoking Mouse avec l’ajout décisif d’un contrebassiste en la personne de l’excellent Simon Tailleu. La raison ? C’est que j’aime jouer sur le long cours avec des musiciens qui sont aussi et d’abord des amis. C’est avec ce groupe que nous sommes devenus lauréats de Jazz Migration, un formidable coup d’accélérateur  pour notre notoriété et notre diffusion. Cela nous a permis, avec l’aide logistique du Collectif Babil dont je suis cofondateur, de jouer beaucoup en France et de faire vivre le projet dans des territoire très divers.”

Une autre aventure importante dans l’itinéraire de l’accordéoniste bourguignon fut en 2012 son intégration au sein de la Campagnie des musiques à ouïr animée par le batteur normand Denis Charolles. “Cela fait partie de grandes rencontres de ma vie. J’aime son approche très ouverte de la musique, sans jamais oublier son côté populaire et festif. On continue aujourd’hui de jouer ensemble puisque je participe avec Denis et le clarinettiste Julien Eil à son nouveau trio acoustique survitaminé qui a pris pour nom Orange Sockets.”

Aujourd’hui, Christophe Girard partage gaiement son temps, très chargé, entre la traversée de musiques diverses et variées, que ce soit le jazz ou la musique contemporaine et l’enseignement au Conservatoire à Rayonnement Régional de Chalon sur Saône. “Cela me fait beaucoup de bien. J’aime ce rôle de passeur de passion qui me permet aussi d’avancer et d’apprendre en transmettant aux jeunes mon amour de l’instrument.” Son autre activité essentielle est l’écriture. “Être instrumentiste ne me suffit pas. J’ai besoin d’exprimer ma propre créativité par la composition. C’est pourquoi je me sens enfin prêt à 36 ans de monter un groupe sous mon propre nom. Un trio avec un batteur percussionniste et un contrebassiste dont je ne peux pas encore dévoiler l’identité.”

Découvrez son univers sur : https://www.christophegirard.eu

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