Lilas, la ouate après les watts

Nils Bruder

Visuel album en cours de réalisation.
Illustration:  Gilles Tassan et Michel Montheillet

On se souvenait du Stéphane Morilla 5tet qui, entre 2000 et 2009, proposait des compositions aussi nerveuses que millimétrées, entre jazz rock et jazz funk des années 1970. Une énergie à retrouver sur les albums Turtle’s paradise et Façon puzzle. Le claviériste est de retour, en janvier, avec Lilas, premier album éponyme du trio qu’il a formé avec Annabelle Rogelet (violoncelle) et Jorge Costagliola (percussions). Avec l’âge (48 ans), sa musique s’est adoucie pour devenir ouatée.

Du côté de Fuerza quieta, Belle étoile ou Lilas, on navigue aux frontières du rêve, là où l’esprit perd peu à peu conscience. Au fil des huit morceaux, rhodes et violoncelle se combinent à merveille, notamment sur Cécile ou Monsieur Shorter avec une Annabelle Rogelet nous rappelant qu’elle vient du classique. Les percussions ponctuent l’ensemble, quand elles ne mènent pas tout simplement la danse (Art pièges).

Quatre saynètes musicales – un feu qui s’allume, une session à la campagne… – s’égrènent entre les morceaux. Ces interludes transforment Lilas en une petite histoire, naviguant entre la douceur et l’esprit champêtre qui ont rythmé l’enfance de Stéphane Morilla (gamin, il passait son temps à jouer dans une haie de… lilas). L’album ouvre ainsi un espace sonore cohérent, qu’on explore de bout en bout, à l’heure où la musique se saucissonne sur le web. Un territoire à découvrir aussi sur scène, dès ce mois de janvier.

LILAS EN CONCERT

  • Samedi 25 janvier, 20 h 30, Espace Culturel du Brionnais, Chauffailles (71)
  • Vendredi 31 janvier, 21 h 00, La Poudrière de Belfort (90)
  • Samedi 1 février, 21 h 00, Crescent Jazz Club, Mâcon (71)
  • Dimanche 2 février, 18 h 30, Darius Club, Lons-Le-Saunier (39)

Making of de l’enregistrement de l’album en Aout 2019 :